Il y a deux catégories de personnes imposées à la source : celles qui sont domiciliées ou en séjour en Suisse et celles qui sont domiciliées à l’étranger.

Personnes qui sont domiciliées ou en séjour en Suisse

Tous les travailleurs étrangers qui, sans être au bénéfice d’un permis d’établissement (permis C), sont, au regard du droit fiscal, domiciliés ou en séjour en Suisse, sont assujettis à un impôt perçu à la source sur le revenu de leur activité lucrative dépendante exercée en Suisse. Il s’agit notamment des personnes titulaires des permis B, L, F, N, Ci et des personnes sans autorisation de séjour (travailleurs au noir).

Personnes qui ne sont ni domiciliées ni en séjour en Suisse

Tous les travailleurs ayant leur domicile principal à l’étranger (quelle que soit leur nationalité ; y compris les citoyens suisses et les binationaux) sont soumis à l’impôt à la source sur le revenu de leur activité lucrative dépendante exercée en Suisse. Il s’agit notamment :

  • des personnes qui exercent une activité lucrative dans le canton pendant de courtes périodes ;
  • des travailleurs qui exercent une activité lucrative en Suisse, où ils ont un domicile secondaire et qui retournent à leur domicile principal à l’étranger durant leurs congés ;
  • des travailleurs frontaliers ne remplissant pas exhaustivement les conditions leur permettant de bénéficier de ce régime fiscal ;
  • des travailleurs frontaliers qui sont de nationalité suisse (y compris les binationaux) et qui déploient une activité lucrative régie par le droit public ;
  • des personnes qui reçoivent une prestation (prime, bonus, participations de collaborateur) ensuite d’une activité exercée antérieurement en Suisse ;
  • des personnes qui travaillent dans le trafic international lorsque l’employeur a son siège dans le canton de Vaud.

Les artistes, sportifs, conférenciers, administrateurs, créanciers hypothécaires ainsi que les personnes qui bénéficient de prestations de prévoyance, domiciliés à l’étranger, sont aussi imposés à la source en Suisse sur les prestations qu’ils reçoivent.

Cas particulier des travailleurs frontaliers domiciliés en France

Sur le plan fiscal, l’expression «travailleur frontalier» désigne toute personne domiciliée en France qui exerce une activité lucrative salariée en Suisse et qui retourne chaque jour à son lieu de résidence principal attesté par l’Administration fiscale française.

1) Situation générale

En vertu de l’Accord du 11 avril 1983 relatif à l’imposition des travailleurs frontaliers, les salaires, traitements et autres rémunérations similaires reçus par des travailleurs frontaliers sont imposables en France et ne sont donc pas soumis à l’impôt à la source si les conditions cumulatives suivantes sont remplies :

  • le travailleur retourne en règle générale chaque jour à son domicile principal (au minimum 4 jours par semaine de travail pour un taux d’activité à 100 %) ;
  • le temps de trajet entre le domicile principal et le lieu de travail n’est en principe pas supérieur à trois heures pour l’aller-retour ;
  • le travailleur a remis l’attestation de résidence fiscale à l’employeur (ceci avant le 1er jour de l’engagement ou avant le 1er janvier de l’année en cours), ce dernier devant à son tour et sans délai, transmettre l’attestation à la Section impôt à la source de l’Administration cantonale des impôts.

Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, l’employeur a l’obligation de retenir l’impôt à la source.

2) Cas particulier : Frontalier de droit public

L’employeur doit retenir l’impôt à la source sur le salaire de son employé, qu’il soit ou non frontalier, si les conditions cumulatives suivantes sont réalisées :

  • nationalité suisse (binationale ou non) ;
  • domicile en France ;

prestation découlant d’un rapport de travail de droit public (avec l’Etat, une commune, une école publique, etc.).

Taxation ordinaire ultérieure

Dans certaines hypothèses, les personnes imposées à la source qui sont domiciliées dans le canton de Vaud au regard du droit fiscal font l’objet d’une taxation ordinaire ultérieure durablement. Cela est le cas lorsque :

  • le revenu annuel brut soumis à l’impôt à la source du contribuable ou de son conjoint, qui vit en ménage commun avec lui, excède le montant de 120’000 fr. ;
  • le contribuable perçoit d’autres revenus qui ne sont pas soumis à l’impôt à la source (rente de veuf/veuve, revenu provenant de l’activité lucrative indépendante, revenus immobiliers, etc.) ;
  • le contribuable a de la fortune (mobilière et/ou immobilière en Suisse et/ou à l’étranger).

En cas de taxation ordinaire ultérieure, la perception à la source est maintenue, les retenues opérées étant imputées de l’impôt qui sera postérieurement calculé selon la procédure de taxation ordinaire.

Passage à la taxation ordinaire

Les personnes imposées à la source qui sont domiciliées dans le canton de Vaud au regard du droit fiscal seront taxée selon la procédure ordinaire et cesseront de faire l’objet de prélèvements d’impôt à la source :

  • dès le début du mois suivant l’octroi d’un permis d’établissement (permis C) ;
  • dès le début du mois suivant leur mariage avec une personne de nationalité suisse ou titulaire d’un permis d’établissement (permis C).

Le travailleur de nationalité étrangère qui n’est pas titulaire d’un permis d’établissement est soumis à l’impôt à la source selon la procédure de taxation ordinaire ultérieure dès le début du mois suivant sa séparation, de droit ou de fait ou son divorce, d’un conjoint de nationalité suisse, ou encore titulaire d’un permis d’établissement.

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